Posted: mai 9, 2024
Un rapport sur les eaux usées toxiques de Chalk River soulève des préoccupations sur la transparence
Vous avez peut-être entendu la nouvelle de la libération d’eaux usées toxiques provenant des installations à Chalk River ces derniers jours. Que s’est-il passé? Ceci est une couverture de ce que nous savons jusqu’à présent, et pourquoi l’incident en dit long sur le manque de transparence autour du site de Chalk River.
Garde-rivière des Outaouais a suivi l’histoire de l’usine de traitement des eaux usées de Chalk River qui a échoué à un essai de toxicité aiguë depuis qu’elle a été portée à notre attention pour la première fois le 21 mars. Cette nouvelle, rendue publique dans un article de CBC Indigenous publié le 2 mai, a suscité l’inquiétude du public en raison de la nature des travaux menés à Chalk River, et témoigne de l’héritage continu du manque de transparence des Laboratoires nucléaires canadiens (LNC) et de la méfiance du public envers eux, y compris les collectivités autochtones.
Que s’est-il passé?
Garde-rivière des Outaouais a pris connaissance de cette question dans le cadre de notre participation au Conseil de gérance de l’environnement (CGE) des Laboratoires nucléaires de Chalk River. Lors de la réunion du CGE, tenue le 21 mars, notre équipe a demandé des renseignements supplémentaires sur le rapport de non-conformité de l’installation de traitement des eaux usées. Les éléments fondamentaux dont nous avons connaissance à l’heure actuelle sont les suivants : en février 2024, l’effluent de l’usine d’épuration de Chalk River a échoué à un essai de toxicité aiguë.
Les installations de traitement des eaux usées de taille moyenne ou plus grande, y compris les installations de très petite et petite taille ayant des apports industriels, utilisent des essais de toxicité aiguë et chronique de façon continue. Un essai de toxicité aiguë consiste à exposer la truite arc-en-ciel à l’effluent de l’installation de traitement des eaux usées pendant 96 heures, à une concentration unique ou à concentrations multiples. Si, pour quelque raison que ce soit, la moitié de la quantité de truites exposées venait à mourir pendant cette période, cela est considéré comme un échec. Ce résultat médiocre pourrait découler de niveaux de pH ou d’oxygène déséquilibrés, ou encore de la présence de produits chimiques ou de toxines inattendus.
L’échec de cet essai de toxicité a donné lieu à des mesures réglementaires de la part d’Environnement et Changement climatique Canada (ECCC), qui ont examiné l’échec.
Préoccupations en matière de transparence
Ce qui serait peut-être le plus inquiétant, c’est le manque de transparence démontré pendant tout cet incident. Pour Garde-rivière des Outaouais, l’une des principales préoccupations concernant les opérations sur le site de Chalk River réside dans la difficulté permanente d’obtenir des renseignements sur les opérations menées à Chalk River. Cela comprend d’importants renseignements qui permettraient d’établir la confiance avec les collectivités et les organisations environnementales.
Comme le rapporte l’article de CBC Indigenous, ECCC est « confiant que le rejet non conforme de l’installation de traitement des eaux usées ne constitue pas une menace pour l’environnement ou le public », mais il n’y a pas suffisamment de détails précis pour expliquer la raison pour laquelle une telle conclusion a été tirée. Les LNC ont publié une communication de suivi, le 3 mai, qui a précisé quelques points importants, comme la confirmation « que cette non-conformité n’est pas liée aux contaminants radiologiques ». Cependant, ni les LNC ni ECCC n’ont publié de renseignements sur les raisons de l’échec, et de nombreuses questions demeurent de mise.
De notre point de vue à Garde-rivière des Outaouais, la communication des LNC, qui ne fournissait pas de renseignements adéquats, était à la base de l’attention des médias et des préoccupations du public. La nature des activités aux Laboratoires de Chalk River est préoccupante pour de nombreuses collectivités qui dépendent de la rivière des Outaouais. Les collectivités autochtones de la région se font entendre sur l’absence de consultations appropriées et de communications significatives avec les LNC. Il serait avantageux pour beaucoup d’entre eux de disposer de renseignements clairs, opportuns et adéquats sur les activités qui se déroulent au site de Chalk River, compte tenu notamment des plans à venir pour le site, comme l’Installation de gestion des déchets près de la surface et l’installation proposée de petits réacteurs nucléaires.
Les LNC ont une responsabilité envers les personnes et les collectivités qui comptent sur la rivière des Outaouais et qui s’en occupent. Nous espérons que cet incident poussera les LNC à signaler les échecs plus rapidement et de manière plus transparente.
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