Encore plus de déchets nucléaires sont transportés vers Chalk River

Laboratoires Nucléaires Canadiens transporte de plus en plus de déchets dangereux vers le site des Laboratoires de Chalk River, alors que leur stockage reste incertain. Nous sommes très préoccupés par le transport de ces déchets dangereux et par la durée pendant laquelle ils resteront aux Laboratoires de Chalk River avant d'être transférés vers un site de stockage permanent.

Construits en 1944, les Laboratoires de Chalk River ont connu deux incidents majeurs dans les années 1950, qui ont entraîné la contamination du site par des matières radioactives. Cette contamination continue d’avoir un impact sur les eaux souterraines et les eaux de surface en s’infiltrant dans les plans d’eau autour des différentes zones de gestion des déchets.

Depuis des années, Garde-rivière des Outaouais et de nombreux autres groupes communautaires expriment leurs préoccupations concernant le stockage des déchets radioactifs aux Laboratoires de Chalk River. Ils se sont notamment fortement impliqués dans le projet de l’installation de gestion des déchets près de la surface (IGDPS) sur le site, un monticule artificiel destiné à accueillir des déchets pendant des milliers d’années. Au fil des ans, le projet a été amélioré, mais des préoccupations importantes subsistent. L’une des améliorations consistait à réduire le niveau des déchets prévus pour l’IGDPS, passant des déchets de niveau intermédiaire à des déchets de faible niveau uniquement.

Il existe plusieurs niveaux de déchets radioactifs. Les déchets de faible activité ne sont généralement pas des matières nucléaires à proprement parler, mais des équipements et autres objets qui ont été contaminés. Ils peuvent également inclure des isotopes médicaux.

Les déchets de moyenne activité et les déchets de haute activité sont des classifications plus dangereuses, qui nécessitent des protections et des méthodes de stockage plus strictes.

Aujourd’hui, les Laboratoires Nucléaires Canadiens (LNC), qui exploitent le site, y acheminent encore plus de déchets pour un stockage temporaire. D’autres installations exploitées par les LNC expédient des déchets radioactifs qui seront stockés temporairement aux Laboratoires de Chalk River. Ces déchets comprennent des déchets de moyenne activité provenant d’installations de tout le pays et, ce qui est plus préoccupant, des déchets de haute activité sous forme de combustible usé. L’été dernier, tout le combustible nucléaire usé de la centrale nucléaire de Gentilly à Bécancour, au Québec, a été transféré aux Laboratoires de Chalk River. Le combustible nucléaire usé des Laboratoires de Whiteshell à Pinawa, au Manitoba, sera également transféré au site des Laboratoires de Chalk River. Aucun de ces déchets ne sera stocké de manière permanente à cet endroit, mais leur regroupement à cet endroit est source de confusion et d’inquiétude.

Commençons par la perspective du transport des déchets. Le transport des déchets radioactifs est risqué ; tout accident ou déversement peut avoir des conséquences dévastatrices. Les déchets sont transportés sur les routes publiques sans autorisation explicite. Le transport de ces déchets est déjà suffisamment risqué en soi. Cependant, comme les déchets ne seront pas stockés de manière permanente à Chalk River, nous savons qu’ils devront être déplacés à nouveau, ce qui crée un risque inutile pour le public et l’environnement.

Deuxièmement, les Laboratoires de Chalk River sont situés à proximité immédiate de la rivière des Outaouais. Il est imprudent d’y entreposer temporairement des déchets de moyenne et haute activité, d’autant plus que les délais sont inconnus. Il n’existe aucun plan définitif pour le stockage permanent de la plupart de ces déchets ; le dépôt géologique en profondeur (DGP) ne sera pas opérationnel avant de nombreuses années, car son emplacement n’a pas encore été choisi et sa construction est loin d’être envisagée. Nous ne savons pas actuellement combien de temps cette quantité croissante de déchets radioactifs restera stockée temporairement aux Laboratoires de Chalk River.

Les plans de la LCN doivent être réévalués. Le transport de déchets radioactifs vers les Laboratoires de Chalk River doit également cesser jusqu’à ce qu’un plan clair et à long terme pour ces déchets soit disponible. Le transport de déchets radioactifs est un risque inutile, non seulement pour la rivière des Outaouais et les millions de personnes qui en dépendent, mais aussi pour toutes les communautés situées le long des itinéraires de transport.

2 responses to “Encore plus de déchets nucléaires sont transportés vers Chalk River”

  1. Isabelle Châtillon dit :

    Très intéressant, et tout à fait d’accord avec le principe, le transport des marchandises dangereuses est une des phases du cycle de vie posant le plus de risques. En lisant votre article je me demandais quel serait les impacts si le transfert au centre de transfert temporaire est arrêté? Au lieu d’être centralisées dans un centre adapté, les déchets radioactifs s’accumuleraient-ils aux multiples locations d’origines non conçues pour le stockage a moyen et long terme, sans surveillance ni contrôle?

    • Matthew Brocklehurst dit :

      Bonjour Isabelle, merci pour votre question. L’arrêt des transferts vers une installation centralisée ne signifierait pas que les déchets radioactifs seraient laissés sans gestion. Les déchets qui sont transférés aujourd’hui sont déjà stockés dans des sites nucléaires, souvent des centrales déclassées, qui ont été conçus pour des activités nucléaires et qui restent soumis à une surveillance et à un contrôle réglementaires. Le problème plus profond est que le Canada ne dispose toujours pas d’une solution crédible à long terme pour les déchets radioactifs, y compris les déchets hérités déjà présents à Chalk River. Le transfert d’une plus grande quantité de déchets vers ce site ne résout pas ce problème. Il ne fait que déplacer le risque au sein du bassin versant de la rivière des Outaouais, tandis que les mesures « temporaires » risquent de devenir permanentes.

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