Posted: juillet 22, 2025
Que faut-il pour éliminer la châtaigne d’eau envahissante?
La châtaigne d'eau européenne étouffe certaines parties de la rivière des Outaouais, mais que faut-il faire pour l'éliminer? Cet été, le personnel de Garde-rivière des Outaouais s'est joint à COBALI et au programme des gardiens de Kitigan Zibi pour s'attaquer à cette espèce envahissante dans la baie de Lochaber.
Garde-rivière des Outaouais a récemment mis au point des outils pour aider à identifier les espèces envahissantes qui ont un impact sur la santé de la rivière des Outaouais et de ses affluents. Ces outils ont pour but de sensibiliser les gens à ces espèces et aux mesures à prendre pour éviter leur propagation. Mais que se passe-t-il si une espèce envahissante s’établit?
Cet été, Garde-rivière des Outaouais appuie un projet organisé par le Comité du bassin versant de la rivière du Lièvre (COBALI) visant à éliminer la châtaigne d’eau de la baie de Locaber, l’une des nombreuses baies situées le long de la rivière des Outaouais au Québec.
Qu’est-ce que la châtaigne d’eau et pourquoi faut-il l’éliminer?
La châtaigne d’eau européenne (Trapa natans ; également connue sous le nom de « chausse-trappe flottante ») est une plante aquatique originaire d’Europe, d’Asie et d’Afrique. Elle se reconnaît facilement à ses feuilles flottantes triangulaires aux bords dentés et à ses petites fleurs blanches à quatre pétales. Sous la surface, la châtaigne d’eau européenne possède un système racinaire unique composé de racines fines et plumeuses qui se ramifient dans les sédiments.
Dans de nombreuses régions où la châtaigne d’eau européenne est indigène, ses graines, cachés sous une coquille aux épines barbelées, sont couramment consommés comme en-cas ou cuisinés dans des plats tels que les sautés. En Amérique du Nord, cette plante a été utilisée comme plante ornementale dans les jardins d’eau, ce qui a probablement facilité son introduction dans la Kichi Zibi (rivière des Outaouais).


Châtaigne d’eau européenne dans la rivière des Outaouais. (À gauche) Feuilles de plusieurs plants de châtaigne d’eau à la surface. (À droite) La graine pointue de la châtaigne d’eau.
Dans plusieurs secteurs de la rivière des Outaouais, comme la baie de Carillon et la baie de Lobacher, d’importantes populations de châtaignes d’eau se sont établies. Dans les baies peu profondes, cette plante envahissante peut se développer rapidement, couvrir de grandes surfaces et supplanter les plantes indigènes.
Lorsque la châtaigne d’eau envahit une zone, les épais tapis de végétation réduisent la pénétration de la lumière et, lorsque ces plantes meurent à l’automne, elles créent de grandes quantités de végétation en décomposition qui peuvent réduire les niveaux d’oxygène dissous, ce qui peut nuire aux organismes indigènes tels que les poissons.

Le Comité du bassin versant de la rivière du Lièvre (COBALI) et Garde-rivière des Outaouais se préparent à enlever une grande parcelle de châtaigne d’eau européenne dans la baie de Lobacher.
Réflexions sur nos efforts d’enlèvement
En juillet, Garde-rivière des Outaouais appuie un projet organisé par le Comité du bassin versant de la rivière du Lièvre (COBALI) pour aider à éliminer la châtaigne d’eau de la baie de Lobacher.
Les assistants scientifiques Kevin Adeli et Andrea O’Halloran, ainsi que Corey Twenish du Nagadjitòdjig Akì (programme des gardiens) de Kitigan Zibi, ont mis la main à la pâte et ont pris plaisir à découvrir cette magnifique partie de la rivière. La baie de Lachober regorgeait d’une faune étonnante comme la sterne noire, le grand héron, le grèbe à bec bigarré, l’achigan à petite bouche et le garrot à long bec. Néanmoins, l’étendue de l’implantation de la châtaigne d’eau dans la région est très préoccupante.
En particulier, dans les zones à forte densité de châtaignes d’eau, il n’y avait souvent aucune végétation indigène, dont dépendent de nombreux autres organismes indigènes. L’élimination de cette espèce envahissante a été un processus désordonné, car ses racines ont souvent entraîné des tas de boue depuis le fond de la rivière.


Enlèvement de la châtaigne d’eau européenne dans la baie de Lochaber. (À gauche) Kevin Adeli, assistant scientifique de Garde-rivière des Outaouais, enlève une grosse poignée de châtaigne d’eau. Notez son long système racinaire! (À droite) Plusieurs sacs remplis de châtaignes d’eau sont transportés vers un site de compostage.
En arrachant de gros paquets de châtaignes d’eau, nous avons réfléchi à la façon dont l’introduction d’une seule plante peut causer un problème d’une telle ampleur. En effet, les châtaignes d’eau européennes peuvent être particulièrement difficiles à éradiquer, car toutes les racines laissées dans le sol peuvent repousser, et leurs graines peuvent germer des années après l’arrachage de la plante. Dans l’ensemble, cela illustre l’importance de ne pas transporter des espèces en dehors de leur aire de répartition naturelle. Planter des espèces indigènes et éliminer correctement les plantes d’aquarium permet d’éviter l’introduction d’espèces envahissantes. En outre, le fait de laver les bateaux et de nettoyer les hélices des moteurs avant d’entrer dans un nouveau plan d’eau peut contribuer à prévenir la propagation d’espèces aquatiques envahissantes telles que la châtaigne d’eau européenne.

Signalements de la châtaigne d’eau au Québec. À l’heure actuelle, aucun cas de châtaigne d’eau n’a été signalé dans les régions septentrionales du bassin versant de la rivière des Outaouais.
Si vous apercevez la châtaigne d’eau sur le terrain, nous vous encourageons à la photographier et à la signaler sur la page de surveillance des espèces envahissantes de Garde-rivière des Outaouais ou sur iNaturalist.
Garde-rivière des Outaouais a également élaboré une série de jeux-questionnaires pour en apprendre davantage sur les espèces envahissantes les plus préoccupantes du bassin versant qui menacent la rivière des Outaouais et sur la façon de les signaler si vous les trouvez!
Voici le quiz sur la châtaigne d’eau européenne. Voyez si vous pouvez apprendre à l’identifier :
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