Un petit coup de main de nos amis de la rivière

À la suite de sa conférence Conversations au courant, la Garde-rivière honorifique Jill Heinerth nous fait découvrir les coulisses de son travail d'exploration des grottes sous-marines et nous explique comment la collaboration et la communauté favorisent la conservation de la rivière.

Écrit par Jill Heinerth, Garde-rivière honorifique. Publié à l’origine dans The Explorer’s Mindset, et traduit par Garde-rivière des Outaouais.

Il fait une chaleur étouffante de 38 °C dans le Labo éducatif, mais nous gardons les portes et les fenêtres fermées, car, étonnamment, il fait encore plus chaud dehors. Caroline, Gestionnaire de la sensibilisation et des événements pour Garde-rivière des Outaouais, se déplace dans la pièce avec calme et détermination, distribuant des canettes de City Seltzer bien fraîches et des morceaux de glace pour aider tout le monde à se rafraîchir. J’ai certainement choisi une journée caniculaire pour mon retour au service public.

Mes collègues, les Drs André Martel et Katrina Ilves du Musée canadien de la nature, sont arrivés avec des bocaux remplis d’échantillons de poissons et de moules à partager avec le public. Nous sommes entourés sur cinq côtés par la rivière Kichi Sibi, la rivière des Outaouais. Notre emplacement, la Maison riveraine, est construit sur pilotis directement au-dessus de l’eau. Le niveau inférieur est situé dans une zone inondable, ce qui signifie qu’il n’y a pas de climatisation, seulement la brise de la rivière et beaucoup de sueur.

Nous sommes ici pour soutenir le programme de sensibilisation de Garde-rivière des Outaouais, qui aide les gens à comprendre ce qui se cache sous la surface de cette majestueuse voie navigable. Certains appellent même la Kichi Sibi le « sixième Grand Lac », car elle contribue à 50 % du débit du fleuve Saint-Laurent et de l’océan au-delà. En raison de ses eaux sombres et tanniques, elle est souvent considérée à tort comme polluée. Et, oui, la rivière porte un lourd héritage d’activités industrielles et forestières. Mais grâce à la mobilisation de Garde-rivière des Outaouais et au travail de chercheurs et de défenseurs de l’environnement, elle est aujourd’hui redevenue une rivière où l’on peut se baigner, boire et pêcher.

Juste en dessous de nous, au-delà de la véranda ombragée bordée de chaises, plus d’une centaine de personnes se prélassent sur les quais et nagent dans une section protégée de l’eau libre surveillée par des sauveteurs. La Commission de la capitale nationale fournit l’infrastructure, le personnel et même les gilets de sauvetage afin que tout le monde, quel que soit son milieu ou ses capacités de nage, puisse profiter de la rivière en toute sécurité. Un jour comme aujourd’hui, cet accès gratuit a attiré une foule incroyablement diversifiée et joyeuse, qui vient se rafraîchir, nager et partager la rivière.

Rien de tout cela ne serait possible sans la collaboration étroite entre les organisations, les particuliers et les partenaires gouvernementaux, qui travaillent ensemble pour servir une communauté large dans un esprit d’équité et d’inclusion.

Ci-dessus : Bienvenue à la Maison riveraine!

André et Katrina sont des scientifiques à temps plein au Musée canadien de la nature. Une partie des connaissances qu’ils partagent aujourd’hui est le fruit de centaines d’heures de travail minutieux au microscope : André dissèque et photographie, Katrina extrait l’ADN pour identifier les espèces. Leurs recherches exigent énormément de temps et de patience avant de donner des résultats. Ma collaboration avec eux est inhabituelle : je suis leurs yeux et leurs mains dans des grottes sous-marines isolées où peu de gens oseraient s’aventurer. En retour, ils sont mes mentors et partagent généreusement leurs connaissances pendant que nous documentons des écosystèmes qui n’existent nulle part ailleurs sur Terre.

Ci-dessus : Jill Heinerth à l’entrée des grottes de la rivière des Outaouais

Rien de significatif ne se produit dans l’isolement. Que vous soyez un garde-rivière qui compte sur des bénévoles, un scientifique qui travaille avec un plongeur spéléologue ou une personne confrontée à la maladie qui a besoin de l’amour d’un partenaire, le monde avance lorsque nous nous entraidons.

Au moment où vous lisez ces lignes, cela fait presque trois semaines que je suis sorti de l’hôpital. Je me remets bien de ma récente opération du cancer. J’ai repris mes activités physiques habituelles : vélo, marche, étirements et musculation. Dans deux semaines, je pourrai à nouveau nager et plonger. Même si mon combat contre le cancer n’est pas terminé, je dois encore suivre une radiothérapie, je profite de chaque jour et je me concentre sur le fait de bien vivre.

Je suis profondément reconnaissant pour les messages aimables et le soutien que vous avez été si nombreux à nous envoyer. Ces moments de connexion, même brefs, comptent vraiment. Votre collaboration avec Robert et moi peut sembler insignifiante, mais elle ne l’est pas. Nous guérissons, soutenus par l’amour et l’attention qui nous parviennent de l’extérieur. À nos lecteurs et à nos amis : merci. Nous vous en sommes éternellement reconnaissants.

Ci-dessus : Plusieurs membres de l’équipe de Garde-rivière des Outaouais illustrent le pouvoir de la collaboration, notamment Mark Carney (à la gauche de Jill), qui est également Garde-rivière honorifique, et qui occupe aujourd’hui le poste de Premier ministre du Canada. Il nous rappelle souvent que ce pays est le nôtre et que son rôle est de servir les Canadiens.

Garde-rivière des Outaouais est un champion et une voix collective pour la protection du bassin versant de la rivière des Outaouais, offrant le leadership et l’inspiration en vue de protéger et de promouvoir sa santé écologique et son avenir. https://garderivieredesoutaouais.ca

Nous pensons qu’il n’y a que cinq Grands Lacs, mais une découverte récente nous amène à revoir notre jugement. Le Dr André Martel, du Musée canadien de la nature, et Jill Heinerth, plongeuse spéléologue experte, ont exploré la surface et les profondeurs de la rivière des Outaouais, au nord du lac Ontario. Ici, d’énormes quantités d’eau douce s’écoulent le long de cette grande rivière et même en profondeur dans le substrat rocheux, créant un vaste réseau de grottes sous-marines. Dans un monde où l’eau douce propre se fait rare, ce « sixième grand lac » n’a jamais été aussi important.

Voici un lien vers un documentaire sur la rivière des Outaouais et les Grands Lacs mettant en vedette Jill Heinerth (en anglais) : https://www.tvo.org/video/documentaries/wonders-of-the-sixth-great-lake

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