Posted: mai 8, 2025
Tisser des liens dans la région du lac Témiscamingue
Qu'ont en commun les agriculteurs, les scientifiques, les maires, les écologistes, les membres de la communauté algonquine et les dirigeants communautaires? Le mois dernier, ils se sont tous retrouvés sur les rives du lac Témiscamingue à l'occasion de la réunion annuelle Tisser des liens pour parler d'un sujet qui les relie tous : la santé du lac.
Chaque année, l’initiative Tisser des liens rassemble des gens de toute la région du lac Témiscamingue dans une même salle avec une mission commune : établir des liens à travers le lac Témiscamingue, un grand lac d’eau douce qui fait partie de la rivière des Outaouais et qui façonne la vie et les moyens de subsistance de tous ceux qui l’entourent.
Cette année, Garde-rivière des Outaouais a eu l’occasion unique d’être l’un des conférenciers principaux de cet événement, aux côtés de l’Organisme de bassin versant du Témiscamingue et d’Ozero Solutions. Nous avons partagé les résultats de nos programmes de surveillance communautaires, en soulignant des questions importantes, telles que les concentrations de phosphore total dans la région et les nombreuses espèces envahissantes présentes autour du lac.

Nous avons eu la chance de rencontrer un grand nombre de personnes extraordinaires qui ont à cœur les rivières et les lacs de cette région. Nombre d’entre elles jouent déjà un rôle de premier plan dans la protection de ces cours d’eau. Nous sommes impatients de développer ces nouveaux liens, de soutenir les efforts locaux et de poursuivre sur cette lancée au cours de l’année à venir.
Cette réunion nous a rappelé quelque chose de fort : nous sommes plus forts lorsque nous travaillons ensemble. Car il ne s’agit pas seulement d’un lac ou d’une rivière, mais des communautés qui l’entourent, des écosystèmes qui en dépendent et de l’avenir que nous partageons tous. Nous avons tous un rôle à jouer dans la protection du lac Témiscamingue et du bassin versant de la rivière des Outaouais.
Voyage de Garde-rivière des Outaouais au lac Témiscamingue
Larissa et Elizabeth ont voyagé d’Ottawa jusqu’à Temiskaming pour les réunions, un trajet de 6 heures qui met en évidence l’étendue de ce bassin versant extraordinaire.
Notre équipe scientifique ne disposait que de quelques jours dans la région du lac Témiscamingue, mais nous voulions qu’elle profite au maximum de son temps pour visiter la région! Larissa et Elizabeth n’ont pas hésité à organiser de nombreuses réunions de part et d’autre du lac. Elles ont organisé un petit-déjeuner à Ville-Marie avec l’un des conseillers municipaux, où elles ont discuté avec enthousiasme de la façon dont le travail que nous effectuons sur les espèces envahissantes pourrait soutenir les efforts de la ville et contribuer à sensibiliser la population à la façon dont ces espèces se propagent.

Plus tard dans la journée, Larissa et Elizabeth ont visité la Lake Timiskaming First Nation pour rencontrer d’autres personnes travaillant sur la santé de la rivière et des lacs. Ce fut une conversation brève mais significative, une occasion d’en apprendre davantage sur leurs projets en cours et d’explorer les domaines dans lesquels nos efforts pourraient s’aligner. Nous espérons que ce n’est que le début d’une collaboration à plus long terme.
De retour à Temiskaming Shores, l’équipe a renoué avec deux de nos Surveillants dévoués, s’est entretenue avec un résident local bien connecté et s’est jointe à la réunion Tisser des liens pour poursuivre la conversation. Tout au long de la visite, il est apparu clairement que de nombreuses personnes dans cette région se soucient profondément de ces voies d’eau. La rencontre en personne nous a donné l’occasion d’entendre parler des initiatives locales déjà en cours et de voir où nous pouvons contribuer et collaborer.
À la fin du voyage, Elizabeth et Larissa imaginaient déjà de futures randonnées le long du sentier des hautes terres d’Ottawa-Témiscamingue (100 km), des aventures en canot sur le lac et des occasions d’explorer le cours supérieur de la rivière des Outaouais.
Lors d’une promenade en voiture à travers les collines agricoles, un moment marquant a été l’observation d’un grand groupe de grues du Canada dans les champs. Cela nous a rappelé la beauté et la richesse de cette partie du bassin versant.
Quelques mots sur le lac Témiscamingue
Le lac Témiscamingue est un lac vaste, profond et puissant qui fait partie de la rivière des Outaouais. Il s’étend sur 110 km le long de la frontière entre l’Ontario et le Québec et atteint des profondeurs de plus de 200 mètres. Son nom vient du mot algonquin Temikaming, qui signifie « étendue d’eau profonde avec des vents rapides ».

En plus d’être un endroit magnifique pour la navigation de plaisance, la pêche et la natation, il fait également partie d’un écosystème plus large qui alimente la rivière des Outaouais. Il soutient les économies locales, de l’agriculture à la sylviculture en passant par le tourisme. Et pour les gens qui vivent ici, elle fait partie de leur identité.
Bilan de santé : ce que nos données nous apprennent sur le lac Témiscamingue
Lors de la réunion de Tisser des liens, Garde-rivière des Outaouais a fait une présentation sur les concentrations de phosphore total et les espèces envahissantes signalées autour du lac Témiscamingue.
Phosphore total
Depuis 2021, notre équipe scientifique communautaire suit les concentrations de phosphore dans les cours d’eau de cette partie du bassin versant. Les terres situées au nord du lac Témiscamingue sont constituées d’une rare ceinture d’argile, un sol riche et fertile qui fait de cette région une terre agricole de premier choix. Comme dans d’autres parties du bassin versant, beaucoup de terres agricoles signifient souvent un ruissellement avec un excès de phosphore qui a un impact sur les cours d’eau locaux et, finalement, sur le lac. Le phosphore total est un nutriment essentiel pour les espèces de plantes aquatiques ; cependant, un excès peut avoir des conséquences néfastes, en alimentant des proliférations d’algues nuisibles qui peuvent étouffer la vie aquatique et menacer la santé humaine. Pour en savoir plus sur nos conclusions concernant le phosphore total, cliquez ici.

Concentration de phosphore total par rapport au pourcentage de terres agricoles dans le bassin versant de la rivière des Outaouais. Le sous-bassin versant de Blanche, situé dans la région du lac Témiscamingue, est un point chaud pour l’excès de phosphore total.
Espèces envahissantes
Si le phosphore affecte la qualité de l’eau, les espèces menacées menacent l’équilibre de l’écosystème.
D’après les rapports sur les espèces envahissantes de notre programme de surveillance communautaire et de iNaturalist, des observations de myriophylle européen, de salicaire pourpre et de cladocère épineux ont été signalées dans le lac Témiscamingue et les rivières avoisinantes.
Ces plantes et ces créatures peuvent sembler inoffensives, mais elles peuvent avoir un impact important sur les espèces indigènes – elles peuvent prendre le dessus sur les espèces indigènes, modifier les habitats et être difficiles (et coûteuses) à contrôler une fois qu’elles ont été introduites dans un cours d’eau. De notre point de vue, le fait que de nombreuses espèces envahissantes ne soient pas signalées constitue une préoccupation supplémentaire. Cela signifie qu’elles peuvent se propager sans contrôle.
Avez-vous vu l’une de ces espèces envahissantes communes? Si vous souhaitez savoir comment signaler une espèce invasive suspectée dans la région du bassin versant où vous vivez ou que vous visitez, consultez notre guide de surveillance communautaire ou contactez l’équipe scientifique pour en savoir plus sur ce programme et sur les espèces invasives présentes dans le bassin versant et dans votre région.

Bravo !
Cette connexion entre membres d’organismes ottavien et témiscamien est très encourageante. Je n’ai vu le lac Témiscamingue qu’une seule fois dans ma vie, à la fin des années 80, et j’en ai été impressionné par la vue qu’on en a en arrivant de Rouyn-Noranda. Bonne chance et pleins succès à l’OBV de l’Outaouais ! Luc Richard (Montréal)