Consultations inadéquates des communautés algonquines Anishinābeg dans le cadre de la décision relative à l’installation de gestion des déchets près de la surface

Le bassin versant de la rivière des Outaouais est principalement le territoire non cédé et non rendu du peuple algonquin Anishinābeg. Garde-rivière des Outaouais soutient les communautés algonquines Anishinābeg qui affirment qu'elles n'ont pas été consultées de manière adéquate dans le cadre du processus d'autorisation de l’IGDPS.

Le 8 janvier, la Commission canadienne de sûreté nucléaire, l’organisme gouvernemental chargé de réglementer les déchets radioactifs, a annoncé que la construction de l’installation de gestion déchets près de la surface (IGDPS), qui a fait l’objet d’un vif débat, allait se poursuivre. La proposition soulève encore des problèmes techniques et de procédure, et la décision d’aller de l’avant à ce stade est décevante compte tenu des demandes exprimées par de nombreuses communautés algonquines Anishinābeg en faveur d’une meilleure consultation.

Parmi les problèmes de procédure liés à la proposition, le plus préoccupant est l’absence de consultations opportunes et exhaustives avec les communautés autochtones. Dix des onze communautés algonquines Anishinābeg situées dans le bassin versant ont déclaré que le niveau de consultation sur le projet était inadéquat et intervenait trop tard dans le processus pour permettre des discussions significatives sur le plan. Garde-rivière des Outaouais est aux côtés de ces communautés, sur le territoire desquelles ce projet sera construit.

C’était l’occasion de faire mieux. La construction initiale des installations à Chalk River dans les années 1940 s’est faite sans autorisation ni consultation des communautés algonquines Anishinābeg. La CCSN doit trouver des moyens pour s’assurer que tout nouveau stockage de déchets radioactifs sur ce site, ainsi que sur d’autres sites à l’avenir, implique les gardiens traditionnels et permanents de ces terres et de ces eaux. Ce manquement est d’autant plus flagrant que le Canada a accepté de se conformer à la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, qui met l’accent sur le consentement préalable, donné librement et en connaissance de cause des communautés autochtones sur les territoires traditionnels desquelles des projets gouvernementaux sont envisagés.