Découvrir le bassin versant de la rivière des Outaouais à travers la photographie animalière : À la recherche de la chouette épervière

Grâce à une information d’une collègue de travail, Mark Bernards, designer graphique chez Garde-rivière des Outaouais et photographe animalier exceptionnel, a profité d’une Journée de découverte du bassin versant pour capter de magnifiques images de cet oiseau unique et charismatique.

Écrit par Mark Bernards, membre de l’équipe de Garde-rivière des Outaouais

Le bassin versant de la rivière des Outaouais regorge d’animaux sauvages, et il n’est pas nécessaire de s’aventurer bien loin pour aller à leur rencontre. Que vous soyez entouré de nature dans les secteurs de la rivière plus au nord ou au cœur de la région de la capitale nationale, il y a d’incroyables plantes, animaux et champignons tout autour de nous; il suffit de savoir où regarder.

Lorsqu’on passe un peu de temps dehors à explorer les espaces naturels qui nous entourent, il est inévitable de tomber sur quelque chose de nouveau de temps à autre, mais le conseil d’un ami ou d’un collègue est toujours bien accueilli lorsqu’il est question de rencontres qui sortent de l’ordinaire, et c’est exactement comment cette aventure a commencé!

Ceux qui me connaissent savent que je passe pratiquement tous mes temps libres à l’extérieur à arpenter les espaces verts autour de chez moi (que j’appelle le « boisinage ») afin de m’adonner à la photographie animalière (éthique). Je suis de nature plutôt réservée, mais que cette particularité soit bien connue des autres m’a été plus d’une fois utile. Les gens ne peuvent s’empêcher de tout me raconter sur les animaux intéressants qu’ils ont vus, ce qui fait que j’obtiens parfois des informations privilégiées sur l’endroit où trouver ces espèces spéciales que je n’aurais peut-être pas eu la chance de voir autrement. Un exemple récent et particulièrement excitant de ce genre de situation a eu lieu au début de février cette année quand une collègue a mentionné qu’elle avait aperçu une chouette épervière lors d’une promenade dans un sentier au bord de la rivière le week-end précédent.

Je n’en avais jamais vu auparavant, et il semblait que cet individu en particulier n’était pas largement connu (ma collègue l’a vu au milieu de la journée en plein week-end et a précisé que seulement quelques personnes se sont arrêtées pour l’observer). Je me suis alors dit que c’était l’occasion parfaite de faire la rencontre de cet oiseau remarquable sans participer à un attroupement qui pourrait lui causer du stress. Pour m’assurer que l’endroit ne soit pas trop bondé (et parce que j’étais impatient d’y aller), j’ai réservé une Journée de découverte du bassin versant et je me suis rendu au sentier en question.

Je n’avais pas de grandes attentes, mais j’étais content de profiter d’une journée de congé dehors à marcher le long d’un agréable sentier dans un secteur que je n’avais jamais visité, en m’arrêtant parfois pour photographier les autres animaux peut-être plus communs que je rencontrais sur mon chemin. Mais à ma grande surprise, alors que je scrutais un champ dégagé en espérant apercevoir la chouette loin de l’autre côté, j’ai jeté un coup d’œil en l’air et à la cime d’un arbre directement devant moi, j’ai remarqué une silhouette de la taille d’un corbeau. J’ai braqué mon objectif et zoomé sur l’oiseau, en m’attendant à reconnaître un corbeau, mais j’ai été agréablement surpris de me tromper!

J’étais beaucoup plus près de la chouette que ce que j’avais prévu, et donc avant de m’en approcher davantage, je l’ai observé pour détecter tout signe de stress. Elle savait forcément que j’étais là, mais elle continuait de faire sa toilette et de chercher une proie, semblant nullement dérangée par ma présence.

J’ai passé les heures suivantes accroupi dans la neige à observer cet incroyable animal vaquer à ses occupations. Contrairement à la plupart des espèces de chouettes, la chouette épervière est diurne (en activité le jour). L’observer à cette heure de la journée n’avait donc rien d’inhabituel, mais je trouvais quand même étonnant d’en avoir repéré une aussi facilement. C’était fascinant de voir à quel point elle ne faisait aucun effort pour se cacher des randonneurs, et même qu’à plusieurs reprises, elle a piqué et traversé le sentier au ras du sol en dépit des passants.

Bien qu’on m’ait mis sur la piste de cette chouette, le fait est que si je m’étais trouvé sur ce sentier sans savoir qu’elle y était, je l’aurais sûrement aperçu quand même. Cela démontre qu’une des meilleures façons de repérer des animaux – qu’il s’agisse d’espèces rares ou communes – est de sortir et d’ouvrir les yeux!

Remarque sur la photographie et l’observation éthique des chouettes : Les chouettes sont des animaux très convoités des photographes et des ornithologues, mais malheureusement, certains s’intéressent davantage à obtenir la photo parfaite qu’au bien-être de l’animal. Ces remarquables oiseaux sont donc vulnérables aux comportements non éthiques, comme l’attroupement, l’utilisation d’appâts et la prise en chasse de l’animal, c’est pourquoi nous n’avons pas divulgué l’emplacement exact où la chouette a été observée.