Posted: janvier 9, 2026
Une amende de 1,365 million de dollars soulève des questions concernant les événements de mortalité massive de poissons survenus en 2019 dans la rivière Lièvre
Environnement et Changement climatique Canada a annoncé une amende pour le rejet d'une substance nocive dans la rivière du Lièvre, un affluent de la rivière des Outaouais. L'incident s'est produit en 2019, la même année que d'importantes mortalités de poissons dans la Lièvre, lorsque des milliers de poissons morts se sont échoués le long des rives de la rivière des Outaouais. ECCC affirme ne pas avoir trouvé de lien entre le déversement et la mort des poissons. Connaîtrons-nous un jour toute l'histoire?
Détails de l’amende et des incidents
Le 8 janvier 2026, Environnement et Changement climatique Canada (ECCC) a annoncé qu’il condamnait Superior General Partner Inc. et un individu à une amende de 1 365 000 $ pour des infractions à la Loi sur les pêches.
Dans cette enquête, Environnement et Changement climatique Canada déclare que la cause de l’amende est le rejet de 12 quantités de chlorite de sodium (NaClO2) par une usine de fabrication de produits chimiques située à Gatineau, près de Buckingham, à la suite d’une défaillance de l’équipement. Ces incidents, qui se sont produits entre le 27 juin et le 19 juillet 2019, n’ont pas été signalés immédiatement, et maintenant l’entreprise et une personne ont plaidé coupables d’avoir enfreint la Loi sur les pêches.
La période des rejets correspond à la mort massive de poissons dans les rivières du Lièvre et des Outaouais qui s’est produite à l’été 2019, bien que dans le reportage de CTV News, ECCC ait précisé qu’ils « n’ont pas trouvé de lien entre la mort des poissons et le chlorite de sodium émis par l’entreprise. »
Ligne anti-pollution et observations de la communauté en action
Il s’agit du dernier chapitre d’une histoire complexe. Garde-rivière des Outaouais a été alertée d’un événement majeur de mort de poissons sur la rivière des Outaouais le 8 juillet 2019, lorsqu’un appel à notre ligne anti-pollution a signalé des poissons morts s’échouant sur le rivage. Ces événements ont été suivis de trois autres le 19 juillet, le 29 juillet et le 31 juillet. Le nombre et la variété des espèces tuées ont mis en évidence que cet événement était probablement dû à l’introduction d’une substance délétère dans la rivière, qui a provoqué un taux de mortalité élevé dans les populations de poissons.

Au cours de ce mois, notre équipe a suivi des pistes, notamment en emmenant notre bateau de patrouille et notre équipement de surveillance dans la rivière du Lièvre pour documenter la mortalité des poissons, effectuer des tests et prélever des échantillons. Cette activité s’est déroulée parallèlement aux enquêtes menées par le gouvernement du Québec et ECCC, avec lesquels nous avons partagé nos informations, en particulier lorsque nous recevions des rapports faisant état de nouveaux poissons morts. Nous avons également communiqué nos conclusions au public et insisté pour que les différentes autorités travaillent en collaboration afin de déterminer la cause de ces événements troublants.
Les membres de notre communauté ont continué à envoyer des rapports sur ce qu’ils voyaient, incitant d’autres personnes de la région à nous contacter et nous aidant à collecter et à cataloguer les informations.
Les Surveillants ont été particulièrement utiles, fournissant des observations sur l’eau et une expertise locale pour nous aider à documenter les incidents. Ces efforts ont permis à Garde-rivière des Outaouais d’optimiser ses capacités afin de pouvoir partager ses observations et ses conclusions avec le public et les autorités.
Yannick, un guide de pêche de la région, énumère les différents types de poissons morts alors qu’il se rend de la rampe de mise à l’eau de Rockland vers la rivière du Lièvre.
Défis interjuridictionnels
Nous félicitons ECCC pour son enquête sur cet événement. Ils jouent un rôle important dans les enquêtes sur les incidents où des substances nocives sont déversées dans les milieux aquatiques.
Cette dernière amende soulève maintenant des questions quant au résultat de leur enquête sur la rivière du Lièvre. Ils n’ont pas établi de lien direct entre cette amende et la mortalité des poissons, mais étant donné que cela s’est produit dans la même période que l’importante mortalité des poissons, nous nous demandons quelles informations peuvent être partagées dans le cadre de l’enquête menée par ECCC.
Pour mieux comprendre les mesures prises par le gouvernement fédéral concernant ces épisodes épisodiques de mortalité de poissons, Garde-rivière des Outaouais a déposé une pétition environnementale (n° 436) auprès du commissaire à l’environnement et au développement durable à l’automne 2019. Nous y apprenons que « Un agent d’exécution d’Environnement et Changement climatique Canada avait des motifs raisonnables de croire qu’une infraction à la Loi sur les pêches avait été commise. Une enquête a été ouverte afin de recueillir les preuves nécessaires pour recommander d’éventuelles accusations contre l’entité responsable de l’infraction. La décision de porter ou non des accusations incombe au procureur de la Couronne du SPPC, qui évalue les chances raisonnables d’obtenir un verdict de culpabilité s’il estime qu’il en va de l’intérêt public. »
L’un des principaux défis pour comprendre ce qui s’est passé est dû à la nature multijuridictionnelle de cet incident. Comme nous l’avons souligné dans notre blog rétrospectif de 2020, un an après les incidents, cette dynamique a rendu l’enquête plus difficile.
Garde-rivière des Outaouais plaide depuis longtemps en faveur d’une approche coordonnée pour résoudre les problèmes affectant le système de la rivière des Outaouais. Cet événement met en évidence non seulement les approches différentes des deux provinces, mais aussi le manque de coordination entre les autorités fédérales et provinciales. Dans les semaines qui ont suivi le dernier incident de mortalité de poissons à l’été 2019, le gouvernement du Québec a identifié la cause comme étant la centrale électrique de Brookfield dans la Lièvre, ce qui semblait clore l’affaire, alors que l’enquête du gouvernement fédéral était toujours en cours.
Conclusion
Les incidents de mortalité de poissons ont suscité beaucoup d’inquiétude et d’alarme en 2019 et ont continué à résonner au sein de notre communauté. Au cours des années qui ont suivi, le public n’a pas été informé de la cause, de l’auteur et de l’évolution de l’affaire. Cette dernière amende nous rappelle le doute et l’incertitude ressentis à cette période. Elle soulève de nouvelles questions et nous amène, ainsi que de nombreux membres de la communauté, à nous interroger sur la manière dont la loi serait appliquée si un tel événement devait se reproduire.
Nous félicitons le gouvernement fédéral d’avoir mené à bien son enquête sur Superior General Partner Inc. et nous nous réjouissons de voir l’amende réinvestie dans la protection de l’écologie et des populations de poissons de la rivière des Outaouais, comme le prévoit le Fonds fédéral pour dommages à l’environnement.
Cette histoire nous rappelle le pouvoir des observations de la communauté! Si vous voyez quelque chose d’anormal sur la rivière, comme des poissons morts ou de la pollution, envoyez votre rapport à la Ligne anti-pollution de Garde-rivière des Outaouais.
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