Posted: octobre 1, 2026
Penser avec les rivières en Amazonie

Laura Reinsborough, Garde-rivière et directrice générale de Garde-rivière des Outaouais , et Larissa Holman, directrice des affaires scientifiques et politiques, reviennent tout juste de la conférence mondiale biennale des membres de la Waterkeeper Alliance, qui s’est tenue cette fois-ci à Quito, en Équateur, sous l’égide de l’organisme hôte local guayllabamba waterkeeper. Laura nous fait part de ses impressions et nous livre les dernières nouvelles de cette expérience.
« Que signifie “penser avec une rivière” ? »
Telle était la question au cœur de Thinking with Rivers, un voyage précédant la conférence sur la rivière Napo, dans le bassin amazonien de l’Équateur, organisé en amont de la conférence mondiale de la Waterkeeper Alliance à Quito. Quelle occasion extraordinaire de se rendre dans l’un des endroits les plus riches en biodiversité de la planète — d’être témoin de la mégadiversité de la forêt tropicale amazonienne et d’apprendre auprès des protecteurs de l’eau kichwas sur leur territoire! Larissa et moi sommes encore profondément marquées par cette expérience.
Il est difficile de passer du temps en Amazonie sans ressentir l’ampleur des systèmes naturels qui soutiennent la vie sur cette planète. La forêt, le fleuve, les précipitations, les oiseaux, les insectes et les fleurs semblent tous plus grands que nature. Cette expérience nous a offert une perspective que l’on perd facilement de vue dans notre travail quotidien : un fleuve n’est jamais simplement un fleuve. Il fait partie de quelque chose de bien plus vaste.
L’un des exemples les plus remarquables est le lien entre l’Amazonie et le Sahara. Chaque année, d’énormes quantités de poussière sont transportées par les vents au-dessus de l’Atlantique, du désert du Sahara jusqu’au bassin amazonien. Cette poussière apporte du phosphore et d’autres éléments nutritifs qui contribuent à enrichir les sols de la forêt tropicale.
Deux paysages séparés par un océan font partie du même système vivant – en fait, c’est l’océan qui les unit.
La conférence mondiale 2026 de la Waterkeeper Alliance
Notre périple s’est poursuivi à Quito pour la conférence mondiale de la Waterkeeper Alliance, qui rassemble des personnes engagées dans la protection des cours d’eau partout dans le monde. Cette conférence a été l’occasion non seulement d’apprendre, mais aussi de partager ce que nous avons appris sur la rivière des Outaouais.
Garde-rivière des Outaouais a été invitée à contribuer à cet échange de plusieurs façons. J’ai fait une présentation sur la collecte de fonds, partageant les leçons tirées de notre toute première grande campagne de financement, le Grand Don à la Rivière, tandis que Larissa a présenté un exposé sur la science communautaire, mettant en valeur notre travail exemplaire visant à mobiliser les gens pour recueillir et comprendre l’information sur la santé du bassin versant.
Ces présentations ont été bien plus que des occasions de mettre en valeur notre travail. Elles reflétaient le rôle croissant que Garde-rivière des Outaouais joue en tant que source d’apprentissage pratique pour l’ensemble du mouvement Waterkeeper. Les défis auxquels font face les cours d’eau sont mondiaux, mais les occasions de partager des approches, de développer des compétences et de s’entraider pour gagner en efficacité le sont tout autant.
L’École de la rivière remporte un prix international
Cet esprit de partage des connaissances s’est également reflété dans la remise de la première édition du Prix Shen Kuo de communication scientifique | Prix mondial de l’éducation aux sciences de l’eau. Créés par la Fondation Zhejiang Shen Kuo pour la communication scientifique, ces prix récompensent des personnes, des projets et des équipes qui font progresser la communication scientifique. Waterkeeper Alliance a mis en nomination des groupes Waterkeeper exceptionnels de partout dans le monde; les candidats ont été évalués en fonction de l’apprentissage par l’expérience, de l’innovation et de l’impact sociétal.
Katherine Olsen, de Qiantang River Waterkeeper, a remis les prix à Brantas River Waterkeeper, en Indonésie, et à Garde-rivière des Outaouais.
Pour Garde-rivière des Outaouais, cette reconnaissance témoigne de l’importance de créer des moyens significatifs permettant aux gens de comprendre et de participer à la santé de leur bassin versant. Grâce à l’École de la rivière, au Labo éducatif et à notre réseau de science communautaire en pleine expansion, des personnes de tous âges sont invitées à explorer la rivière des Outaouais. Notre Bilan du bassin versant et notre portail de données ouvertes contribuent à rendre l’information que nous recueillons accessible aux communautés, aux éducateurs et aux décideurs.
Garde-rivière des Outaouais remet le prix Terry Backer

La conférence a également été l’occasion de rendre hommage aux personnes qui ont contribué à bâtir ce mouvement au fil des décennies. Les prix Terry Backer 2026, la plus haute distinction parmi les Waterkeepers, ont été décernés à deux personnes très méritantes lors de la conférence : Mark Mattson, ancien gardien du lac Ontario et fondateur de Swim Drink Fish, et Dean Naujoks, garde-rivière de la rivière Potomac.
Garde-rivière des Outaouais a mis en nomination Mark Mattson, avec le soutien d’autres organismes tels que Savannah Riverkeeper, Swim Drink Fish et Moose Riverkeeper. J’ai eu le plaisir de remettre le prix à Mark; c’est Tonya Bonitabus, de Savannah Riverkeeper, qui l’a acceptée en son nom, car il n’avait pas pu assister à la conférence en personne.
En 2017, Potomac Riverkeeper et Garde-rivière des Outaouais ont signé une déclaration intitulée « Jumelage de nos rivières capitales » entre les États-Unis et le Canada; voir Dean recevoir cette reconnaissance m’a donc également beaucoup touchée.
Les histoires de Mark et de Dean nous rappellent que la protection de l’eau est un engagement à long terme — et que les mouvements gagnent en force lorsque les gens s’investissent non seulement pour les rivières, mais aussi les uns pour les autres.
Réflexions avec les rivières
Le Sahara et l’Amazone nous rappellent qu’un lien peut exister par-delà un océan. Le mouvement Waterkeeper nous rappelle qu’un lien peut exister au-delà des cultures et des continents.
La rivière des Outaouais est notre place dans cette histoire mondiale.
Notre bassin versant se trouve peut-être à des milliers de kilomètres de l’Amazone, mais il n’est pas isolé des forces qui façonnent l’eau douce à travers le monde. Les changements climatiques traversent les frontières. La pollution se propage par l’air et l’eau. La santé d’un écosystème peut en influencer un autre. Et le savoir nécessaire à la protection de l’eau est détenu par les communautés qui, depuis des générations, sont à l’écoute de leurs cours d’eau.
< Previous post Next post >
Laisser un commentaire