L’influence de la technologie sur la gestion de l’utilisation du sol et de la couverture du sol

La technologie a révolutionné la manière dont nous suivons et gérons l'utilisation du sol et la couverture des sols, depuis les enquêtes manuelles jusqu'à l'imagerie satellitaire sophistiquée et la cartographie SIG. Il est essentiel de comprendre ces progrès pour prendre des décisions éclairées en matière de conservation, d'urbanisme et de gestion des ressources en eau.

Comprendre l’utilisation du sol et la couverture du sol

L’utilisation du sol et la couverture du sol sont souvent confondues, mais elles ont des significations distinctes. L’utilisation du sol fait référence à la manière dont les gens utilisent les terres, que ce soit pour l’agriculture, le développement urbain ou la conservation. La couverture du sol, quant à elle, décrit les caractéristiques physiques du paysage, telles que les forêts, les zones humides, les sols nus ou les chaussées. La compréhension de ces concepts est cruciale pour les décideurs qui peuvent être amenés à gérer des demandes concurrentes, telles que l’expansion urbaine et la conservation des forêts. La couverture des sols peut également jouer un rôle important dans la gestion des bassins versants, étant donné l’influence de la couverture des sols sur la qualité de l’eau. En surveillant l’évolution de la couverture des sols, nous pouvons protéger les écosystèmes, gérer l’érosion et renforcer la résilience climatique.

L’utilisation du sol, depuis les premières pratiques agricoles jusqu’à la planification urbaine moderne, a façonné les économies, les cultures et les écosystèmes. Avec la croissance démographique et l’expansion des industries, des pressions concurrentes s’exercent sur l’utilisation du sol pour répondre aux besoins d’une communauté. La technologie a fourni de nouveaux outils et techniques qui transforment la façon dont nous surveillons, planifions et utilisons les terres.

La carte de la couverture terrestre du Canada pour 2020, qui inclut le bassin versant de la rivière des Outaouais, est accessible via le portail de données ouvertes du gouvernement du Canada. Bien que ces cartes fournissent des informations précieuses, elles manquent souvent de précision à l’échelle locale. Les offices de protection de la nature s’efforcent d’affiner et d’améliorer ces outils.

Pour en savoir plus, vous pouvez regarder Un paysage dynamique, un webinaire avec l’expert SIG Chris Czerwinski de l’Office de protection de la nature de la vallée de la Rideau (en anglais).

Les premières méthodes de suivi de l’utilisation du sol

Avant l’avènement des technologies modernes, le suivi de l’utilisation du sol était un processus lent et laborieux. Les gouvernements, les agriculteurs et les urbanistes s’appuyaient sur des cartes dessinées à la main, des relevés physiques et des connaissances locales pour prendre des décisions. Pour évaluer un terrain, il fallait se rendre sur place, prélever des échantillons de sol et émettre des hypothèses sur son utilisation potentielle.

Les décisions de zonage étaient souvent fondées sur des hypothèses générales et il était difficile de suivre les changements d’utilisation du sol. La planification de nouveaux développements devait se faire à partir des données disponibles sur papier et des données collectées dans la région. Lorsque des erreurs étaient commises, la mise en œuvre des ajustements pouvait prendre des années.

Plan Gréber – plan d’aménagement urbain de la région de la capitale nationale en 1950 (Source : CBC)

Photographie aérienne et imagerie satellitaire

La photographie aérienne, utilisée pour la première fois au début du 20e siècle, a révolutionné le suivi des terres en offrant une vue à vol d’oiseau des paysages et en facilitant la cartographie des villes, des terres agricoles et des forêts. Ces photographies ont souvent été utilisées pour suivre les changements d’utilisation du sol lors de la mise en œuvre de grands projets d’infrastructure, et constituent aujourd’hui un témoignage important de ces changements historiques.

L’introduction des satellites a permis de fournir ces mêmes données avec une plus grande régularité, révolutionnant une fois de plus ce travail. Dans les années 1970, la technologie de la télédétection a permis aux chercheurs de surveiller l’utilisation du sol à l’échelle mondiale. Au lieu de s’appuyer uniquement sur des relevés de terrain et des photographies aériennes limitées, les experts pouvaient désormais analyser des images satellites pour suivre en temps réel la déforestation, l’expansion urbaine et les changements fonciers liés au climat.

LiDAR : un changement de donne dans la cartographie des terres

La technologie de détection et de télémétrie par ondes lumineuses (LiDAR) est aujourd’hui l’un des outils les plus avancés dans le domaine de la gestion des terres. À l’aide d’impulsions laser, le LiDAR crée des cartes 3D très détaillées des paysages, fournissant des données à une échelle plus fine qu’il n’a jamais été possible auparavant. Cette technologie est désormais largement utilisée dans les domaines de la conservation, de l’archéologie et de la planification des infrastructures. Contrairement aux méthodes de cartographie traditionnelles, le LiDAR peut pénétrer dans une végétation dense pour révéler des caractéristiques cachées du terrain, ce qui permet aux archéologues de découvrir d’anciennes structures ou aux défenseurs de l’environnement de suivre la déforestation. Dans le domaine de l’urbanisme, le LiDAR fournit des données topographiques précises, ce qui permet de mieux adapter le développement des infrastructures aux conditions locales et, idéalement, de minimiser l’impact sur l’environnement.

SIG : Une nouvelle ère d’utilisation sol basée sur les données

S’il est une technologie moderne qui a véritablement révolutionné l’aménagement du territoire, c’est bien celle des systèmes d’information géographique (SIG). Les SIG permettent aux experts de stocker, d’analyser et de visualiser des données spatiales d’une manière qui n’était pas possible auparavant. Les planificateurs peuvent superposer différents ensembles de données, tels que la qualité du sol, la densité de population et les ressources en eau, sur une seule carte afin de prendre des décisions plus éclairées.

Vous voulez savoir si une certaine zone est propice à l’agriculture? Le SIG peut vous le dire. Vous devez trouver le meilleur tracé pour une nouvelle autoroute? Les SIG sont là pour vous aider. En réduisant la part d’approximation, les SIG permettent de mettre en place des stratégies de gestion des terres précises et efficaces.

Diagramme de processus pour identifier l’emplacement préféré d’une nouvelle école (Source : ESRI)

Technologie et protection de l’eau

La qualité et la quantité de l’eau sont directement influencées par l’utilisation du sol, ce qui rend une surveillance efficace essentielle pour la durabilité. Des données précises et des outils appropriés sont essentiels à la protection des bassins versants, et les progrès technologiques ont grandement amélioré la façon dont nous suivons et gérons les ressources en eau. Toutefois, comme l’a souligné l’expert en SIG Chris Czerwinski dans Un paysage dynamique, ces outils requièrent une expertise, des vérifications fastidieuses et une puissance de traitement importante pour les grands ensembles de données. La mise à jour et le partage de ces données restent un défi en raison des contraintes liées à la taille des fichiers et à leur accessibilité.

Au-delà de l’identification des menaces pesant sur la qualité de l’eau, les technologies modernes permettent également de mesurer l’impact des efforts de conservation positifs. Les pratiques durables d’utilisation du sol, telles que le reboisement, les zones tampons riveraines et l’urbanisme responsable, contribuent à la protection des cours d’eau. Grâce aux outils modernes, les experts peuvent concevoir, mettre en œuvre et contrôler ces stratégies en temps réel, garantissant ainsi une eau propre et accessible aux générations futures.

Regarder vers l’avenir

Grâce aux progrès technologiques, le suivi des terres est passé des cartes papier à l’imagerie satellite sophistiquée et à la modélisation en 3D. Bien que ces outils améliorent la prise de décision, des défis persistent. Dans le bassin versant de la rivière des Outaouais, des lacunes subsistent dans la collecte des données, en particulier entre l’Ontario et le Québec. En outre, certaines régions, dont le comté de Renfrew et le lac Témiscamingue, ne disposent pas d’autorités de conservation dédiées à la surveillance de l’utilisation du sol.

Pour assurer une gestion efficace des terres et des eaux, il est essentiel d’adopter une approche de la collecte de données et de la surveillance à l’échelle du bassin versant. L’utilisation de ces technologies à l’échelle du bassin versant pour assurer la protection de l’habitat, la conservation et la qualité de l’eau serait grandement bénéfique pour la rivière des Outaouais et ses affluents.

Carte de l’utilisation du sol du bassin versant de la rivière des Outaouais