L’impact des espèces envahissantes sur le bassin versant de la rivière des Outaouais

Garde-rivière des Outaouais a publié un rapport détaillé sur la répartition et l'abondance des principales espèces envahissantes dans le bassin versant de la rivière des Outaouais. Parallèlement à ce rapport, nous avons lancé de nouveaux outils pour aider les scientifiques communautaires à identifier et à signaler les espèces envahissantes dans leur région.

Les espèces envahissantes constituent une menace pour la santé des bassins versants, et il est essentiel de comprendre leur répartition et leur propagation pour connaître leur impact. Grâce à une combinaison de données publiques et d’observations scientifiques communautaires, nous savons aujourd’hui mieux que jamais où et quel est l’impact de ces espèces sur nos cours d’eau.

Toutefois, des lacunes subsistent. C’est pourquoi nous avons également publié de nouveaux outils interactifs pour aider les habitants à savoir quelles sont les espèces envahissantes dont ils doivent se méfier, comment les identifier et comment les signaler.

Empêcher les espèces envahissantes de se propager

La détection et l’intervention précoces sont essentielles pour prévenir les impacts écologiques et économiques à long terme des espèces envahissantes. Une fois les espèces envahissantes établies, il est presque impossible de les éliminer. En collaborant avec les autorités locales, les scientifiques, les membres des communautés et les ONG, nous pouvons continuer à surveiller la propagation des espèces envahissantes et préconiser des solutions d’atténuation.

Que pouvez-vous faire pour limiter la propagation des espèces envahissantes?

Protéger les lacs et les rivières du bassin versant peut être aussi simple que de prendre une photo et de l’envoyer à l’une des plateformes énumérées ci-dessous!

Que vous aimiez vous promener le long des berges, que vous pagayiez ou nagiez régulièrement dans les rivières, ou que vous soyez un élu local qui fait pression pour obtenir davantage de soutien pour ces questions, vos actions apportent une contribution importante à une intervention précoce et à une action coordonnée à grande échelle. Exprimez-vous et restez attentif à ces questions dans votre communauté!

Agissez dès aujourd’hui!

Que nous apprennent les données sur la propagation des espèces envahissantes?

Pour réaliser son Bilan du bassin versant, Garde-rivière des Outaouais a examiné les données disponibles afin d’évaluer la santé des rivières du bassin versant. L’un des indicateurs utilisés dans le cadre de cette évaluation était les espèces envahissantes. En complétant l’analyse, nous avons découvert des tendances intéressantes dans la présence et l’abondance des espèces envahissantes. Nous présentons ci-dessous quelques-unes de ces conclusions et leurs principales implications pour l’avenir de notre bassin versant.

Qu’est-ce qu’une espèce envahissante?

Une espèce envahissante est une plante ou un animal non indigène qui a été introduit dans une nouvelle zone (intentionnellement ou non). Les espèces envahissantes peuvent être introduites et se propager par le biais de nombreux mécanismes différents. L’un des moyens les plus courants de propagation des espèces envahissantes consiste à monter à bord de bateaux qui se déplacent vers de nouvelles zones. Il peut s’agir de grands pétroliers introduisant des espèces de l’autre côté des océans, ou de petites embarcations à moteur ou de kayaks se déplaçant d’un lac à l’autre. D’autres activités humaines comme le jardinage, la randonnée et la pêche contribuent également à la propagation.

Quels sont les effets négatifs des espèces envahissantes?

La présence d’espèces envahissantes a de nombreux effets négatifs sur les écosystèmes locaux. Par exemple, les espèces envahissantes ont tendance à être plus agressives (combatives ou se reproduisant plus rapidement) et à supplanter les espèces indigènes pour les ressources (nourriture et espace), réduisant ainsi la santé et la taille des populations d’espèces indigènes. Au fil du temps, l’introduction d’une espèce envahissante peut entraîner une réduction de la biodiversité, ce qui se traduit par une diminution du nombre d’espèces végétales et animales indigènes présentes dans une zone. Par exemple, l’iris des marais peut se développer et envahir des rives entières de lacs. Bien que ces fleurs soient magnifiques, la disparition des plantes indigènes des berges a des effets dévastateurs sur l’écosystème local. Les espèces envahissantes peuvent également faire des ravages dans les infrastructures urbaines. Par exemple, une fois établies, les moules zébrées peuvent créer de grandes colonies sous les ponts, les bateaux et les tuyaux de prise d’eau. Si elles ne sont pas enlevées rapidement, elles peuvent compromettre l’intégrité de ces structures.

La meilleure façon de s’attaquer au problème des espèces envahissantes est la prévention et la détection précoce. Une fois établies, les espèces envahissantes sont très difficiles à contrôler et le coût de leur élimination augmente considérablement. Le signalement des espèces envahissantes est essentiel à leur gestion. En comprenant la menace que représentent les espèces envahissantes, nous pouvons contribuer à protéger le bassin versant pour les générations futures.

L’examen des données

À l’aide de données recueillies auprès de scientifiques communautaires (iNaturalist [1], EDDMapS [2], le programme de surveillance communautaire des espèces envahissantes de Garde-rivière des Outaouais [4]) et le ministère de l’Environnement du Québec [3], Garde-rivière des Outaouais a conclu que les espèces envahissantes sont répandues dans tout le bassin versant de la rivière des Outaouais, avec des concentrations plus élevées et un plus grand nombre d’espèces signalées dans les régions méridionales.

Entre 1932 et 2024, 10 250 observations d’espèces envahissantes ont été faites dans le bassin versant de la rivière des Outaouais. Au cours de cette période, la grande majorité des données provenaient des sous-bassins versants du sud, où la densité de population plus élevée et les centres urbains ont probablement contribué à l’augmentation du nombre de signalements. Au cours des cinq dernières années, le nombre de signalements a augmenté dans le bassin versant. Bien que l’éventail des observations rapportées ait augmenté plus récemment, les informations restent rares pour les régions septentrionales. Cette partie du bassin versant est vulnérable à l’introduction d’espèces envahissantes en raison de l’importance des activités récréatives dans ces zones. Les espèces envahissantes peuvent être présentes en plus grand nombre que ce qui est rapporté, mais il est nécessaire d’améliorer la collecte de données pour comprendre leur présence et leur distribution. Une augmentation des initiatives de sensibilisation et des rapports des communautés est nécessaire pour mieux comprendre quelles espèces envahissantes peuvent être présentes dans les régions nordiques.

Figure 1. Observations d’espèces envahissantes d’intérêt dans le bassin versant de la rivière des Outaouais. Les points rouges foncés représentent un grand nombre de signalements et les points roses clairs représentent un petit nombre de signalements.

Dans le bassin versant, la salicaire pourpre était l’espèce envahissante la plus fréquemment signalée, représentant près de 35 % de toutes les observations. On peut donc se poser la question suivante : pourquoi la salicaire pourpre est-elle une espèce envahissante? Pourquoi la salicaire est-elle signalée beaucoup plus souvent que les autres espèces envahissantes? Est-elle en fait plus abondante? Notre réponse : pas nécessairement. La salicaire pourpre est relativement facile à identifier et figure souvent dans les documents de sensibilisation et d’éducation. Par conséquent, elle est plus susceptible d’être reconnue et signalée par les observateurs, ce qui peut conduire à sa surreprésentation dans les données.

Photo : Ryan Hodnett

En revanche, d’autres espèces envahissantes, telles que le cladocère épineux et l’écrevisse Américaine, sont plus difficiles à détecter et à identifier, et peuvent être largement sous-représentées. L’amélioration du signalement des espèces envahissantes moins fréquemment observées est essentielle pour obtenir une image plus précise de leur présence et de leur répartition dans le bassin versant.

Figure 2. Nombre d’observations pour les espèces envahissantes d’intérêt dans le bassin versant de la rivière des Outaouais.

Pour obtenir des renseignements plus détaillés sur les espèces envahissantes, veuillez consulter notre rapport complet disponible sur le portail de données ouvertes de Garde-rivière des Outaouais. Vous pouvez également consulter notre Bilan du bassin versant pour obtenir de plus amples renseignements sur la santé du bassin versant de la rivière des Outaouais.

Références :

[1]. https://inaturalist.ca/home 
[2]. Early Detection Distribution Mapping System (EDDMaps), https://www.eddmaps.org/ 
[3]. https://www.environnement.gouv.qc.ca/biodiversite/especes-exotiques-envahissantes/index.asp 
[4]. https://ottawa-riverkeeper-open-data-ork-so.hub.arcgis.com/datasets/ottawa-riverkeeper-invasive-species-data/explore

Images en couverture (dans le sens des aiguilles d’une montre, à partir d’en haut à gauche) : Ryan Hodnett, Peter vanderSluijs, Invasive Species Centre, Ryan Hodnett, Bj Schoenmakers, Matt Keevil

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