Espèces en voie de disparition
Le bassin versant de la rivière des Outaouais abrite une profusion étonnante d’espèces fauniques et floristiques. Toutefois, les menaces pesant sur l’habitat, notamment la prolifération d’espèces envahissantes, le développement urbain et la pollution d’origine résidentielle et industrielle, ont entraîné un déclin de la population de plusieurs espèces indigènes. Bien qu’un certain nombre d’entre elles figurent sur la liste des espèces menacées ou en voie de disparition, tant à l’échelle provinciale que fédérale, il n’en demeure pas moins qu’il reste un long chemin à faire pour assurer leur protection et leur rétablissement.
Le problème
Le bassin versant de la rivière des Outaouais abrite une grande diversité d’espèces sauvages, dont plusieurs ont été désignées par les gouvernements du Canada, de l’Ontario ou du Québec comme étant des espèces en péril. Cette désignation relève de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral, de la Loi sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario et de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables du Québec. Une fois qu’une espèce est reconnue comme étant en voie de disparition en vertu de l’une de ces lois, elle devient légalement admissible à des mesures de protection et de rétablissement dans le champ de compétence de la loi.
Assurer la protection et le rétablissement des espèces en péril n’est pas chose facile. D’un point de vue écologique, la nature interconnectée des espèces sauvages qui évoluent dans un écosystème peut rendre difficile la prise de mesures adéquates et appropriées. Par exemple, certaines espèces comme l’obovarie olivâtre (une moule d’eau douce), ont des cycles de vie qui dépendent d’une tierce espèce animale pour la reproduction et la survie. Dans de tels cas, les meilleurs efforts de protection d’une espèce peuvent impliquer des efforts pour en soutenir d’autres qui peuvent ou non être considérées comme étant elles-mêmes en péril, ce qui rend l’intervention du gouvernement moins probable.
Les priorités socio-économiques peuvent également entraver la protection de certaines espèces en péril, notamment les poissons. L’une des principales menaces pesant sur un certain nombre de poissons menacés dans le bassin versant de la rivière des Outaouais est la mise en place de grands barrages hydroélectriques, qui contribuent à la perte et à la fragmentation de l’habitat, en plus de constituer une barrière physique pour les poissons migrateurs comme l’anguille d’Amérique. Mis à part la production d’énergie hydroélectrique, la pêche commerciale peut également provoquer le déclin des espèces si elle n’est pas surveillée de près pour en assurer la durabilité.
Enfin, la collaboration limitée entre les diverses autorités juridiques représente sans doute le plus grand problème en matière de protection des espèces en péril dans le bassin versant de la rivière des Outaouais. Avec trois gouvernements qui se partagent la responsabilité d’évaluer les espèces en péril dans notre bassin versant, il peut être très difficile d’adopter et d’appliquer des mesures de protection pour de nombreuses espèces en péril. Cela est d’autant plus vrai pour les espèces qui sont effectivement inscrites sur la liste des espèces menacées au Canada, mais ne le sont pas en Ontario ni au Québec, ou qui sont inscrites dans l’une des deux provinces, mais pas dans l’autre. Puisque les plantes et les animaux ne reconnaissent pas les frontières humaines, il peut être presque impossible, en l’absence d’efforts concertés de la part de toutes les autorités du bassin versant, de bien s’y prendre et d’agir pour protéger bon nombre des espèces les plus vulnérables de notre bassin versant.
Comment contribuons-nous?
Au fil des ans, Garde-rivière des Outaouais s’est efforcé de faire mieux connaître les espèces en péril vivant dans le bassin versant. Grâce à nos efforts de sensibilisation et à notre participation aux mesures de rétablissement, nous avons apporté notre collaboration et continuons de le faire, de concert avec d’autres organismes, pour résoudre le problème du déclin des populations de certaines espèces. Parmi ces travaux, citons notre campagne de sensibilisation à l’égard de l’obovarie olivâtre — une espèce désignée comme menacée au niveau fédéral — et de son poisson hôte, l’esturgeon jaune, ainsi que notre participation à des programmes de piégeage et de transfert de l’anguille d’Amérique. En tant que membre du Conseil consultatif du Plan de gestion des pêches dans la rivière des Outaouais, nous travaillons aux côtés d’autres usagers clés des ressources halieutiques et de représentants du ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l’Ontario (MRNFO) et du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec (MFFP), afin de garantir des pêches durables et d’aborder les efforts de rétablissement des espèces de poissons en péril comme l’anguille d’Amérique et l’esturgeon jaune.
Passez à l’action :
Chaque jour, les résidents du bassin versant peuvent faire leur part pour sauver les espèces en péril en protégeant les habitats riverains qui sont essentiels à leur survie. L’organisation d’un nettoyage collectif ou individuel des berges, à l’aide de notre application iCollecte, est une façon de faire votre part pour aider à protéger les habitats riverains.
Notre Engagement à nettoyer son embarcation est une autre occasion pour les pagayeurs, les plaisanciers et les utilisateurs de motomarines de démontrer leur engagement à protéger les habitats essentiels de la rivière des Outaouais, et ce, en nettoyant leur embarcation et leur équipement afin de prévenir l’introduction et la propagation d’espèces envahissantes.

