Posted: novembre 7, 2023
Construire un Wìgwàs Chìman avec les jeunes autochtones
Cet automne, Garde-rivière des Outaouais a organisé une série d’ateliers invitant les jeunes autochtones à découvrir la construction traditionnelle de canoës avec Pinock Smith, un artisan algonquin, et ce dans le cadre de notre projet Ensemble en canot.
Un canoë en écorce de bouleau est un véritable indicateur de la santé d’un bassin versant. C’est exactement ce que nous avons appris cet automne lors d’un incroyable projet de construction d’un wìgwàs chìman (canoë traditionnel algonquin en écorce de bouleau) à la Maison riveraine.
Les ateliers
Tout au long du mois de septembre, de jeunes autochtones ont participé, avec Pinock Smith, un Algonquin Anishinaabeg détenteur du savoir de Kitigan Zibi, à des ateliers réguliers pour la construction d’un canoë en écorce de bouleau au Labo éducatif de Garde-rivière des Outaouais. Les participants ont suivi six ateliers de préparation des matériaux (nettoyage des racines d’épinette et fendage du cèdre pour le revêtement et les nervures) et ont fait une sortie à Kitigan Zibi pour apprendre à récolter les produits de la forêt. Ensemble, ces jeunes – dont beaucoup participent en partenariat avec l’Assemblée des sept générations (A7G) – ont consacré près de 300 heures au projet et ont travaillé d’arrache-pied à l’apprentissage et à la construction.



Avec le temps froid qui approche et la fermeture de notre Labo éducatif pour l’hiver, les participants attendent avec impatience le printemps pour reprendre les ateliers par un temps plus clément.


La terre et l’eau

Pinock est un enseignant généreux, prêt à partager les connaissances de ses ancêtres algonquins Anishinaabeg avec les jeunes participants. Un des enseignements les plus poignants est que les menaces qui pèsent sur la biodiversité et la santé des bassins versants mettent en péril l’art même de la construction de canoës. Fort de sa relation de longue date avec les forêts du bassin versant, Pinock est de plus en plus conscient que les forêts où il recueille l’écorce de bouleau, les racines des épinettes et le cèdre nécessaires à la construction d’un canoë sont de plus en plus insalubres.
Ce printemps, Pinock n’a pas pu récolter de matériaux en raison des incendies de forêt et de la fumée, qui l’ont empêché d’aller dans la brousse. Il a expliqué combien il était difficile de trouver des bouleaux sains pour obtenir des morceaux d’écorce suffisamment grands. Ce canoë illustre donc une fois de plus les effets du changement climatique sur nos écosystèmes et sur les communautés autochtones en particulier, et souligne l’importance des gardiens autochtones et des gardiens du savoir dans la protection de ces terres et de ces eaux.


Tout au long des ateliers, nous réalisons une vidéo montrant les connaissances de Pinock quant à la relation entre des forêts saines et un bassin versant sain; une leçon percutante pour comprendre les interconnexions au sein d’un écosystème et pour saisir l’importance du savoir autochtone dans le maintien de ces écosystèmes en bonne santé.
Nos remerciements vont à Pinock et aux jeunes bâtisseurs engagés qui ont fait de ce projet une réalité – miigwech! Rendez-vous au printemps pour reprendre la construction du canoë!
Le projet Ensemble en canot est rendu possible grâce au financement de la Fondation communautaire d’Ottawa.
