Posted: juin 10, 2026
Le projet salmoniculture terrestre de Samonix a été amélioré
Grâce à un processus rigoureux de consultation et d’examen, la proposition de projet relative à la ferme salmoniculture terrestre de Samonix a tenu compte de diverses préoccupations soulevées par les communautés algonquines Anishinābeg, Garde-rivière des Outaouais, et d’autres organisations environnementales. Le gouvernement du Québec a ainsi établi un précédent fort en matière de réglementation de l’impact de ce genre de projet.
En 2024, une proposition de construction d’une ferme salmonicole terrestre près de la rivière des Outaouais a été annoncée. À l’époque, Garde-rivière des Outaouais et d’autres organisations ont fait part de leurs préoccupations à l’égard du projet. Ce projet est le premier du genre dans le bassin versant et, à ce titre, il doit créer un précédent positif pour la protection des écosystèmes aquatiques.
Compte tenu de la nouveauté du projet et des préoccupations des groupes et du public, le gouvernement du Québec a décidé de procéder à un examen plus approfondi et de demander à Samonix de mener une étude plus poussée sur les impacts du projet. Depuis, le projet a fait l’objet d’un solide processus de consultation et d’examen.
La proposition récemment révisée, publiée plus tôt cette année, répond à de nombreuses préoccupations initiales, telles que les concentrations élevées de chlorure dans les eaux usées traitées rejetées dans la rivière et l’impact sur les espèces présentes dans ce tronçon de la rivière. Ce processus s’est révélé un bon exemple de la manière dont la consultation publique et l’examen scientifique peuvent améliorer la conception d’un projet et minimiser les impacts sur la rivière des Outaouais.
Le projet proposé
Samonix propose la création d’une ferme salmoniculture terrestre dans la municipalité de Litchfield, dans la région de Pontiac au Québec, sur un friche industrielle située près de la rivière des Outaouais. Ce projet serait le premier du genre sur la rivière des Outaouais et l’un des tout premiers au Québec.
Contrairement aux fermes piscicultures en pleine mer que certains connaissent peut-être dans les milieux océaniques, cette ferme serait située sur la terre et serait entièrement fermée. Cela permet certes de réduire un certain nombre de préoccupations environnementales liées à l’aquaculture ; toutefois, l’installation prélèverait de l’eau de la rivière des Outaouais, puis rejetterait les eaux usées traitées dans la rivière. Ces eaux usées ont été à l’origine d’une grande partie des préoccupations initiales liées au projet.
Consultation des organisations environnementales
Au cours du processus de consultation publique, Garde-rivière des Outaouais a soulevé des préoccupations concernant la concentration en chlorure dans les eaux usées traitées qui seraient rejetées dans la rivière. Les premières données indiquaient que les concentrations de chlorure dans l’eau rejetée se situeraient aux alentours du seuil de toxicité aiguë (640 mg/L), ce qui serait nuisible à la vie aquatique de la rivière. Compte tenu de notre longue expérience dans le domaine du sel de voirie et de notre compréhension des effets liés à des niveaux excessifs et toxiques de chlorure, il s’agissait d’un sujet sur lequel nous nous sommes particulièrement exprimés.
Une autre source de préoccupation concernait la présence potentielle de l’obovarie olivâtre, une moule d’eau douce en voie de disparition qui vit dans la région du projet. Parmi les autres préoccupations figuraient la température des eaux usées et les impacts sur une baie voisine.
À partir des commentaires recueillis lors de la consultation publique, le gouvernement du Québec a demandé à Samonix de mener des études supplémentaires. Celles-ci comprenaient:
- Des études bathymétriques visant à déterminer la forme et la profondeur du lit de la rivière
- La réalisation d’inventaires plus complets des espèces de moules présentes dans la zone
- La modélisation des débits d’entrée et de sortie d’eau
- La modélisation du taux de mélange et de dilution du chlorure dans la rivière
Samonix a effectué ces évaluations et a approfondi son analyse au-delà des exigences minimales. À la suite d’études supplémentaires sur la faune de la région, la présence de la moule obovarie olivâtre, une espèce en péril protégée au niveau fédéral, a été confirmée dans cette zone, ainsi que celle de 8 autres espèces de moules. En conséquence, des modifications ont été apportées à l’emplacement du point de rejet des effluents afin de protéger ces populations de moules. Toutes les modélisations ont été réalisées en tenant compte du débit minimal de la rivière, afin de prendre en compte les «scénarios les plus catastrophiques» et de déterminer tous les impacts environnementaux potentiels que le projet pourrait avoir sur la rivière.
Améliorations apportées à la proposition
À l’issue des processus d’examen et de consultation menés avec le gouvernement du Québec, Samonix a dévoilé une proposition de projet actualisée qui apporte des garanties quant au processus décisionnel et présente des améliorations par rapport à la version initiale. Cela comprend notamment le déplacement de l’emplacement de la prise d’eau et la modification de la conception des conduites de refoulement afin de réduire les impacts sur la qualité de l’eau et sur les espèces présentes dans la rivière.
Bien que le rejet continue de libérer du chlorure à des concentrations susceptibles d’atteindre les seuils de toxicité aiguë, la nouvelle modélisation suggère que ces rejets se mélangeraient extrêmement rapidement à l’eau de la rivière. Bien que cette situation ne soit pas idéale, la nouvelle modélisation, combinée au déplacement de la conduite de rejet, indique que les impacts négatifs sur l’écosystème local seront atténués.
Pour l’avenir
Les consultations publiques et les examens constituent un processus important qui peut fonctionner et fonctionnera lorsque toutes les parties sont disposées à y participer. Nous félicitons le gouvernement du Québec d’avoir demandé des études supplémentaires, créant ainsi un précédent fort pour de futurs projets de cette nature. Samonix a également démontré sa volonté d’écouter les commentaires, de recueillir de nouvelles données et d’adapter son projet en conséquence. C’est ainsi que les nouveaux projets devraient être gérés afin que notre environnement puisse continuer à être protégé de manière adéquate, sans pour autant étouffer les perspectives de nouveaux projets innovants.
La poursuite de la coopération et de la surveillance entre Samonix et le gouvernement du Québec constitue une étape essentielle dans ce processus. Bien que la proposition actuelle tienne davantage compte des conditions réelles du cours d’eau sur lequel le projet sera implanté, il est important de continuer à s’assurer que les impacts réels correspondent bien à ceux décrits dans la proposition de projet. La Garde-rivière des Outaouais continuera de suivre ce projet de près afin de mieux comprendre les mesures prises par Samonix pour minimiser les impacts sur l’écosystème aquatique.
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