Une proposition de salmoniculture terrestre dans le Pontiac

Garde-rivière des Outaouais a rencontré Samonix et s'est entretenu avec eux au sujet de leur projet de salmoniculture terrestre dans la région du Pontiac. Nous apprécions l'approche proactive de Samonix pour s'assurer que le projet respecte les normes environnementales et protège nos rivières et notre faune.

Une nouvelle proposition de projet dans la région du Pontiac attire l’attention en raison de sa nature quelque peu inhabituelle : une pisciculture terrestre pour élever des saumons destinés aux consommateurs du bassin versant et d’ailleurs. Mais quels seront les impacts sur la rivière? L’équipe de Samonix a contacté de manière proactive Garde-rivière des Outaouais afin d’entamer un dialogue avec nous au sujet du projet et de ses implications pour la rivière et le bassin versant.

Aperçu du projet

Le projet Samonix vise à établir une ferme salmonicole terrestre dans une friche industrielle de la région du Pontiac. Ce projet vise à :

  • Utiliser l’eau de la rivière des Outaouais pour les opérations
  • Rejeter les eaux usées traitées dans la rivière
  • Utiliser des technologies avancées de biosécurité et de traitement pour minimiser l’impact sur l’environnement.

Vue aérienne de la friche industrielle de Samonix, photo de Samonix.

Bien que ce projet soit prometteur, il soulève d’importantes questions quant à son cadre réglementaire et à ses implications environnementales.

Préoccupations réglementaires et normes en matière d’effluents

Les fermes piscicoles terrestres gagnent du terrain en Europe, mais sont relativement nouvelles en Amérique du Nord. Par conséquent, il n’existe pas de lignes directrices claires en matière de traitement des eaux usées.

Le ministère des Pêches et des Océans (MPO) réglemente l’aquaculture au Canada, y compris les exploitations terrestres comme Samonix. En vertu de la loi sur les pêches, ces installations doivent se conformer au Règlement sur les activités d’aquaculture (RAA). Cependant, la plupart des licences et des règlements concernant les fermes piscicoles sont du ressort des provinces. Le gouvernement du Québec élabore donc de nouvelles normes en matière d’effluents pour ce projet, ce qui pourrait créer un précédent pour les initiatives futures.

La principale préoccupation de Garde-rivière des Outaouais est le niveau de sel entrant dans le système d’eau douce. Le saumon, qui est anadrome, a besoin d’eau salée pendant une partie de son cycle de vie. Le défi consiste à s’assurer que les concentrations en sel des effluents de la pisciculture sont suffisamment réduites avant de pénétrer dans la rivière des Outaouais.

Exemple d’intérieur d’une ferme piscicole terrestre.

Le document de critères scientifiques du Conseil canadien des ministres de l’environnement (CCME) sur l’ion chlorure (en anglais seulement), un composant du sel de voirie, stipule que :

  • Les concentrations de sel de 640 mg/L ou plus sont très nocives pour les espèces.
  • Les concentrations de 120 mg/L ou plus sont chroniquement dangereuses en cas d’exposition prolongée.

Niveaux de sel et impact sur l’environnement

Garde-rivière des Outaouais se préoccupe depuis de nombreuses années de la question de l’excès de sel dans les cours d’eau en raison de l’utilisation intensive de sel de voirie dans la région de la capitale nationale. Les concentrations élevées de sel sont toxiques pour les espèces d’eau douce, qui ne se sont pas adaptées à un environnement à forte teneur en sel.

Le sel de voirie est plus susceptible de menacer les petites voies d’eau, comme les ruisseaux et les criques. En effet, la fonte des neiges ou les pluies hivernales introduisent de fortes concentrations de sel de voirie dans les cours d’eau à faible débit. Garde-rivière des Outaouais s’est d’ailleurs attachée à sensibiliser le public à l’impact du sel de voirie sur les cours d’eau urbains.

Cependant, le sel peut toujours être toxique lorsqu’il est introduit dans de grandes masses d’eau comme la rivière des Outaouais s’il est déversé en quantités suffisantes ou à des concentrations élevées. Garde-rivière des Outaouais préconise donc que le projet Samonix s’efforce d’atteindre un objectif de rejet d’effluents de moins de 120 mg/L de sel. Il est essentiel d’atteindre ce niveau pour protéger la biodiversité locale et assurer la durabilité de l’écosystème.

Perspectives d’avenir

Nous sommes heureux que Samonix nous ait contactés et nous sommes impressionnés par son engagement envers des pratiques respectueuses du climat et des mesures de biosécurité. Garde-rivière des Outaouais est impatiente de poursuivre son dialogue avec Samonix pour s’assurer que, si leur projet va de l’avant, il le fera dans le respect et la préservation du bassin versant de la rivière des Outaouais.